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Operaphile

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Comptes rendus de spectacles lyriques... entre autres choses....


Aida à Bastille - 25 oct. 2013

Publié par Flavio sur 26 Octobre 2013, 22:09pm

Catégories : #Opera mis en scene

La mise en scène d'Olivier Py n'a rien de scandaleux, malgré les huées. Ce n'est franchement pas la 1ère fois qu'un metteur en scène transpose l'action (et d'ailleurs ce choix se trouve ici justifié par la force qu'acquiert l'anathème d'Amneris beaucoup plus troublant adressé au pape qu'à un grand prêtre de péplum...) et dénoncer les horreurs de la guerre et l'association du sabre et du goupillon n'est pas indécent non plus. Bref, il traite Aida en opéra majeur et pas en opérette destinée à Bercy ou au stade de France. Si la direction d'acteurs pêche par faiblesse, l'ensemble, soutenu par les très beaux décors de P-A Weitz est convaincant. Philippe Jordan fait plaisir en évitant la lecture trop martiale de l'œuvre et en lui rendant toute sa subtilité, avec une direction d'un raffinement incroyable qui tire de l'orchestre des pianissimi stupéfiants. L'orchestre et les chœurs de l'Opera sont, comme le plus souvent, excellents. Sur le plateau en revanche, c'est moins bon. On exceptera de cette déception l'Amneris de Luciana d'Intino malgré une faiblesse des notes de passage entre les deux registres très perceptible au 1er acte mais dont les graves sont percutants à souhait et qui souligne l'humanité de son personnage. Très bon aussi le Radames de Marcelo Alvarez, tout en nuances et en subtilité. En Aida, Oksana Dyka a l'expressivité d'un mérou et semble penser que l'art du chant se résume à chanter fort (très fort), juste (quoique...) et a balancer des aigus acides.....ça gâche un peu la soirée... Pas à la hauteur non plus le Roi de Carlo Cigni ( ou sont passés ses graves ?), le Ramfis d'Alexei Bonatruc (peu engagé et qui manque d'expressivité) ni l'Amonasro de Oleksiy Palchykov (la encore l'émotion n'affleure jamais). Bref, l'erreur était peut être de confier une part trop importante de la distribution a des chanteurs slaves qui ici restent dans le registre du Grand Opera en plein air en contradiction avec la lecture sensible de Jordan.

Aida à Bastille - 25 oct. 2013

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