Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Operaphile

Operaphile

Comptes rendus de spectacles lyriques... entre autres choses....


19 mars 2014 - Artaserse (Vinci) à Versailles

Publié par Jean Luc sur 20 Mars 2014, 22:54pm

Catégories : #Opera mis en scene

J'avais été, comment dire ? scotché ? emballé ? par la version de concert donnée au TCE l'an dernier mais à Versailles, c'est le sentiment de voir un spectacle rare, unique, exceptionnel.... Pour nos amis non baroqueux, on rappellera qu'un décret papal interdisait aux femmes de chanter sur scène au XVIIeme siècle. D'où l'usage des castrats non seulement comme falsettistes mais aussi dans les rôles féminins. C'est cette version historique réunissant cinq contre ténors, dont deux dans des rôles féminins qui nous est proposée.


Résurrection voulue et organisée par Max Emmanuel Cencic, qui tient le rôle de Mandane, (rôle féminin) dans lequel il déploie avec un immense bonheur les qualités qu'on lui connaît : timbre puissant et velouté. Il est impressionnant dans tous les registres, que ce soit , les airs de bravoure, comme le « Va tra le seve ircane » de l'acte II, ou les lamentations (« Mi credi spietata ? » de l'acte III). Dans l'autre rôle féminin (Semira), Valer Barna-Sabadus supporte vaillamment la comparaison avec une émission particulièrement maîtrisée, un timbre enchanteur et de très beaux aigus ("Se del fiume altera l’onda » à l'acte II en est particulièrement l'illustration). Yuriy Mynenko confirme l'impression qu'il m'avait fait l'an dernier avec une voix très solide et une précision de vocalise époustouflante (par exemple dans son grand air du I « Sogna il guerrier le schiere"). Il apporte en outre au personnage toute la noirceur souhaitée. Vince YI (Artaserse) supporte la comparaison avec Jaroussky qui tenait le rôle dans la production du TCE : même si la voix est parfois un peu blanche et donc peu caractérisée, la qualité des aigus et leur beauté sont indéniables. Seule non contre ténor de la distribution, le ténor Juan Sancho est totalement séduisant dans le rôle du méchant (Artabano) : grande expressivité, vaillance sans faille et une aptitude a vocaliser en beauté assez rare chez les voix naturelles masculines.


Mais c'est Franco Fagioli qui domine la distribution. Reprenant le rôle d'Arbace (créé par Carestini) il est.... prodigieux. L'étendue de la voix qu'il utilise sans modération, la précision du chant, la capacité d'incarnation et d'émotion, les cadences vertigineuses des vocalises, la longueur de souffle, les sauts de registre..... tout y est. Et il ose tout. Son air qui clôture le premier acte (« Vo solcando un mar crudele») a fait exploser la salle.


Le Concerto Koln sous la baguette inspirée de Diego Fasolis atteint les mêmes sommets tout au long de cette longue partition. L'excellence est permanente, sans relâchement, sans faille.


Enfin, la mise en scène et les costumes (franchement délirants ces derniers) contribuent élégamment à la restitution de cette ère baroque.

Pour les curieux, je vous invite a lire ou relire l'excellent compte rendu du spectacle de Nancy de mon ami Bruno Maury : http://www.musebaroque.fr/Concerts/vinci_artaserse.htm

19 mars 2014 - Artaserse (Vinci) à Versailles

Commenter cet article

Jean-Luc 30/03/2014 12:26

Comme la robe de Max....

Bruno Maury 30/03/2014 12:17

N'en rajoutes pas, ma modestie va en rougir !

Jean-Luc 30/03/2014 07:28

C'est ça être une référence, Bruno ... :-)

Bruno Maury 29/03/2014 23:06

Un grand merci en passant pour la référence à ma chronique Jean-Luc !

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents