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Operaphile

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Comptes rendus de spectacles lyriques... entre autres choses....


29 avril 2014 - Le Barbier de Seville au TCE

Publié par Jean Luc sur 1 Mai 2014, 10:17am

Catégories : #Opera mis en scene

Impressions assez contrastées après cette représentation du Barbier au Théâtre des Champs Elysées. A la tête de La Grande Écurie, Malgoire est parfait d'enthousiasme, d'énergie et de pétulance. Tout ceci est fort bien conduit, le primat de la mélodie mis en évidence, les ensembles très travaillés et superbement équilibrés..... De nombreuses variations rares et originales émaillent les parties chantées et c'est assez plaisant dans cette œuvre trop entendue....
Côté mise en scène ( Christian Schiaretti et Arnaud Décarsin), je suis plus circonspect. Décors sans originalité (la maison de Bartolo figurée en cage dans laquelle s'égosille Rosine est une idée éculée), plutôt assez laids, effets visuels qui font le noir total sur scène pendant quelques secondes (et si on remplaçait tout ces chanteurs par un enregistrement ?) mais véritable direction d'acteurs, très aboutie qui vient parfaitement compléter le travail musical de Malgoire. Tellement aboutie d'ailleurs qu'elle sollicite peut être un peu trop les chanteurs : ainsi de Basilio qui est un peu en difficulté à la fin de l'air de la calomnie....
Joan Martin-Royo est un très bon Figaro. Belle voix de baryton basse, bien projetée, indéniables capacités d'acteurs, il nous enjôle, nous séduit, nous mène en bateau.... Le Bartolo de Sergio Gallardo est également impeccable. La tessiture s'approche peut être plus de celle du baryton que d'une basse mais c'est à l'évidence un rossinien accompli : la ligne de chant est très belle, la voix séduisante, toutes les grandes caractéristiques du chanteur rossinien réunies : virtuosité, legato.... Son interprétation qui prend ses distances avec la tradition bouffonne et qui fait de Bartolo davantage un amoureux transi et maltraité qu'un odieux tuteur abusif m'a bien plu. Renaud Delaigue en Basilio lui aussi est très convaincant. Son air de la calomnie est très réussi (modulo ce que je dis plus haut) et surtout il réussit, grâce à une présence scénique impressionnante a imposer son personnage et à le faire sortir du second rôle qui lui est habituellement dévolu. Parlant de second rôle, j'ai également été très séduit par le Fiorillo de Florian Gotz : très beau baryton, bien conduit et assurément prometteur. Même chose pour la Berta de Marie Camille Vaquié, qui réussit une très belle prestation.
Restent Rosine et Almaviva. Si Ruth Rosique a un très beau timbre (plus soprano que mezzo m'a t'il cependant semblé), jouit de beaux aigus bien projetés, elle est ici mal distribuée : la virtuosité est souvent défaillante, les vocalises fréquemment savonnées et la diction italienne franchement calamiteuse (les o et les a se confondent ainsi que les e et les i).... Bien que très engagé dans son rôle, maîtrisant la technique rossinienne et se dépensant physiquement sans compter (très belle et drôle performance dans la leçon de musique....) Juan Antonio Sanabria est la déception de la soirée : la voix est très mal projetée, le timbre sans relief et tous les aigus sonnent bizarrement comme étouffés ou voilés.

29 avril 2014 - Le Barbier de Seville au TCE

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Jean-Luc 02/05/2014 11:16

J'ai hâte, vraiment, d'aller écouter le Tancrede avec Lemieux et Cioffi....

Bruno Maury 02/05/2014 09:20

Merci Jean-Luc pour cette chronique, dans laquelle les regrets sont probablement aussi justifiés que les louanges mais l'un ne va pas sans l'autre, bien au contraire....

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