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Operaphile

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Comptes rendus de spectacles lyriques... entre autres choses....


6 juillet 2015 – Adrienne Lecouvreur (Cilea) à l’Opéra Bastille

Publié par Jean Luc sur 9 Juillet 2015, 18:00pm

Catégories : #Opera mis en scene


Tragique direction de Oren, qui, à son habitude se livre à une véritable dissection de la partition, dont il ralentit à l’excès la plupart des tempi. Le résultat est de priver cette musique de la plupart de ses harmonies et de ses dynamiques, distillant in fine un irrépressible ennui. De même, passée la satisfaction que procurent les superbes décors et costumes de cette production, on ne peut qu’être déçu par une mise en scène « à l’ancienne » qui se caractérise par un défaut quasi-total de direction d’acteur, exposant les chanteurs, et Angela Georghiu en premier lieu, au ridicule de la pose.
Et la déception continue avec une Angela Georghiu qui n’a pas la voix du rôle. La partition demande un soprano dramatique et on voit bien ici le danger à confier le rôle à un soprano lyrique. La voix manque cruellement d’ampleur dans le vaisseau de Bastille et les deux premiers actes montrent des aigus durs et une justesse souvent approximative, des aigus attaqués systématiquement et désagréablement en dessous et un bas medium excessivement poitriné. Le tempérament d’Angela Georghiu lui permettra de se rattraper dans le III et le IV – en particulier dans le Poveri fiori… - mais l’interprétation qui semble hésiter en permanence entre le piano et le pianissimo ne passera pas à la postérité….
Idem, Alessandro Corbelli est frappé par des aigus durcis et criés, et quelques notes particulièrement fausses. L’engagement de ce grand artiste est toutefois irréprochable mais les moyens vocaux sont désormais insuffisants pour ce type de rôle. Wojtek Smilek et Raul Gimenez font une prestation honorable mais très distanciée, peu habitée et au final assez ennuyeuse.
Les courtes interventions de Duhamel, Bosi et des petits rôles féminins (Mariangela Sicilia et Carol Garcia) sont en revanche plus intéressantes et, servies par de belles voix aux timbres agréables, bénéficient d’un engagement marqué des artistes. Avec eux, ce sont Marcelo Alvarez et Luciana d’Intino qui sauvent le spectacle d’un ennui total. On sait qu’Alvarez n’est pas le plus grand acteur de sa génération mais vocalement, il est irréprochable. Le timbre est radieux, velouté, la technique impeccable et l’émotion souvent palpable grâce à de très belles nuances, soutenues par une projection rayonnante. De même la superbe voix sombre et puissante de mezzo de Luciano d’Intino soutient une composition remarquable de la princesse de Bouillon, hautaine, dangereuse et particulièrement antipathique.
A la fin de la représentation, le public a été particulièrement enthousiaste, ne ménageant pas non plus ses applaudissements à Georghiu, Oren et Corbelli….
Distribution :


Adriana : Angela Gheorgiu
Princesse de Bouillon : Luciana d’Intino
Maurizio : Marcelo Alvarez
Prince de Bouillon : Wojtek Smilek
Abbé de Chazeuil : Raul Gimenez
Michonnet : Alessandro Corbelli
Quinault : Alexandre Duhamel
Poison : Carlo Bosi
Melle Jouvenot : Mariangela Sicilia
Melle Dangeville : Carol Garcia
Orchestre et chœurs de l’Opéra, Direction : Daniel Oren
Mise en scène : David Mc Vicar

6 juillet 2015 – Adrienne Lecouvreur (Cilea) à l’Opéra Bastille

Commenter cet article

mpr 10/07/2015 17:04

madame Gheorghiu n'aime pas se faire critiquer, elle ne reviendra ps en France, c'est une "diva" capricieuse que les directeurs d'opéra n'aime pas beaucoup. J'ai vu une représentation de cette ouvrage (un dvd du RHO datant de 2010) ça ne m'a pas passionné même si Maurizio était chanté par KAUFMANN....je vois que tu n'es pas si enthousiasme que lorsque tu vas "baroquer"

Jean Luc 11/07/2015 09:16

J'aime beaucoup cet opera... Mais je me suis ennuyé.....

mpr 10/07/2015 16:58

Madame Gheorghiu n'aime pas se faire critiquer...elle ne reviendr

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