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Operaphile

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Comptes rendus de spectacles lyriques... entre autres choses....


12 janvier 2016 - Concert Nathalie Stutzmann-Alexander Vinogradov au Théâtre des Champs Elysées.

Publié par Jean Luc sur 16 Janvier 2016, 10:29am

Catégories : #Concert

On commence à connaître la propension de Nathalie Stutzmann à composer le programme de ses concerts comme une œuvre à part entière. J'en ai d'ailleurs déploré ici même certains effets : le spectateur est réduit à son rôle de sage auditeur, il n'est que peu associé, quasi interdit d'applaudissements et les bis sont chiches voire inexistants, comme ce 12 janvier. Tous ces défauts sont ici présents mais de plus, cette fois ci, la cohérence du programme est faible. En particulier, la Sinfonietta de Poulenc en 1ère partie semble être davantage un clin d'œil à la carrière baroque de Stutzmann qu'une construction réfléchie autour du grand répertoire français....

C'était pourtant gonflé et c'est ce qui m'avait attiré : un chef baroque et un orchestre aux talents chambristes dans le grand répertoire romantique français, confié à une jeune basse russe peu connue ici. Bref, il y avait du challenge dans l'air. Mais force est de constater que le gant n'a été que très partiellement, insuffisamment, relevé.

Si globalement l'orchestre de chambre de Paris est équilibré et chatoyant et offre de très belles sonorités, et si la direction est dynamique et souvent sophistiquée, le rendu est un peu sec et reste trop éloigné de l'esthétique romantique. Confier au Jeune chœur de Paris une part très importante du programme a été un mauvais choix qui reste peu explicable : les effectifs sont maigres, trop maigres pour les œuvres choisies, les voix masculines insuffisantes face aux voix féminines, les différents pupitres très peu homogènes, les sonorités manquent, parfois cruellement, de beauté....

Seules les parties confiées à Alexander Vinogradov nous sortent un peu d'une léthargie qui menace malgré un programme court. La basse russe possède un très beau timbre. La voix est longue, parfaitement projetée et le registre parfaitement homogène. La diction française mériterait toutefois d'être améliorée et les rôles trop habituellement confiés à un baryton (Escamillo) devraient être évités. Il n'en demeure pas moins que le chant reste toujours élégant, ciselé et engagé dans l'interprétation et que le succès qui le saluera à la fin du concert est amplement mérité.

Programme :


Nathalie Stutzman, direction
Alexander Vinogradov, basse
Orchestre de chambre de Paris
Jeune Chœur de Paris

Francis Poulenc : Sinfonietta

Georges Bizet
Ouverture (Carmen)
« La cloche a sonné et le choeur des cigarières » (Carmen)
« Que se passe-t-il donc là-bas ? » (Carmen)
« Sur la grève en feu » (Les Pêcheurs de perles)
Charles Gounod
« Vous qui faites l’endormie » (Faust)
« Ronde du veau d’or » (Faust)
Hector Berlioz
« Une puce gentille» (La Damnation de Faust)
« Voici des roses » (La Damnation de Faust)
« Devant la maison » (La Damnation de Faust)
Georges Bizet
Entracte de l'acte II (Carmen)
« A deux cuartos » (Carmen)
« Les voici » (Carmen)
Air du Toreador (Carmen)

12 janvier 2016 - Concert Nathalie Stutzmann-Alexander Vinogradov au Théâtre des Champs Elysées.

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HELENE ADAM 16/01/2016 11:39

Nous avons eu le même ressenti d'éclectisme peu convaincant et désordonné, des insuffisances du choeur, et j'ajouterai : une difficulté, du coup, à apprécier chaque morceau à sa juste valeur. Heureusement, nous eûmes Vinogradov... un immense plaisir, rare, hélas !

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