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Operaphile

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Comptes rendus de spectacles lyriques... entre autres choses....


15 janvier 2016 - Le nozze di Figaro (Mozart) à Versailles.

Publié par Jean Luc sur 18 Janvier 2016, 07:55am

Catégories : #Opera mis en scene

Créée en 1786 au Burgtheater de Vienne, l'œuvre de Mozart est souvent représentée sans mise en évidence de sa filiation avec Beaumarchais. C'est ici l'inverse avec une mise en scène qui met en évidence la lutte des classes intrinsèque à la pièce, qui assume son côté subversif. Sobre et efficace, la mise en scène d'Ivan Alexandre évite les effets de théâtre de boulevard et éclate avec un bonheur certain l'action sur trois zones : un petit théâtre aux espaces divisés par des tissus peints sur lesquels figurent des portes, les alentours de cette scène (autour et au dessous) et les coulisses où se maquillent les chanteurs, côté jardin pour les hommes et côté cour pour les dames.

A la tête des Musiciens du Louvre en très grande forme, Marc Minkowski livre une lecture somme toute assez classique mais d'une somptueuse beauté. Très attentif aux équilibres des masses de l'orchestre et aux équilibres avec la scène, Minkowski délivre un Mozart ironique, mordant, tendre aussi. A plusieurs reprises, les pages orchestrales sont bouleversantes. Sans oublier le continuo fluide et souvent ironique de Francesco Corti.

En Figaro, Robert Gleadow se coule à merveille dans les intentions de la mise en scène et de la direction. Moqueur, revendicatif, agressif, un rien vulgaire, jaloux et rusé, son Figaro est un des meilleurs du temps. Sa prestation domine toute la représentation avec truculence et talent. La voix est belle, le timbre chaud et profond, l'engagement théâtral constant. Bref, il domine toute la distribution.

Dans le rôle du Comte Almaviva, Florian Sempey souffre de la comparaison avec Gleadow. La voix est belle, le style impeccable mais manque encore un peu de graves et le jeu est moins engagé, moins évident. Lenneke Ruiten (Susanna) et Ana Maria Labin (la Comtesse) sont décevantes. Le théâtre royal leur permet néanmoins de mettre en avant les qualités de voix de dimensions au demeurant modestes. Mais Lenneke Ruiten ne réussit guère, faute d'épaisseur et de médium, à sortir d'une Susana-soubrette très décalée par rapport au Figaro pré révolutionnaire incarné par Gleadow. Ana Maria Lebin a une voix trop étroite pour la Comtesse et son timbre se colore de sons durs peu adaptés à ce rôle. A l'inverse, le Cherubino d’Ingeborg Gillebo est très convaincant avec une voix ronde au timbre mat et sombre et un grand naturel dans un rôle de page adolescent très travaillé par ses hormones.... Anders J. Dahlin compose un Basilio et un Curzio de luxe, convaincants, drôles et irréprochables. Hannah Husáhr est une Barberine touchante et de haut niveau. A l'inverse le Bartolo/Antonio de Paolo Battaglia est un peu décevant du fait de graves un peu voilés. La Marcelline de Miriam Treichl est elle très convaincante et très à l'aise dans son rôle.

Au total, une belle soirée qui doit beaucoup à la très belle direction de Minkowski, à l'énergique lecture d'Ivan Alexandre et à la dynamique et convaincue prestation de Robert Gleadow.

Programme et distribution

Opera-buffa en quatre actes, livret de Lorenzo Da Ponte
Créé au Burgtheater de Vienne, le 1er mai 1786

Mise en scène : Ivan Alexandre
Décors et costumes : Antoine Fontaine
Lumières : Tobias Haström Stahl

Figaro : Robert Gleadow
Susanna : Lenneke Ruiten
La comtesse : Ana Maria LAbin
Le comte : Florian Sempey
Cherubino : Ingeborg Gillebo
Basilio / Don Curzio : Anders J. Dahlin
Bartolo / Antonio : Paolo Battaglia
Marcellina : Miriam Treichl
Barbarina : Hannah Husáhr

Les Musiciens du Louvre
Direction musicale : Marc Minkowski

Photos : Mats Bäcker.

15 janvier 2016 - Le nozze di Figaro (Mozart) à Versailles.

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