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Operaphile

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Comptes rendus de spectacles lyriques... entre autres choses....


3 février 2021 – Messa da Requiem (Verdi) au Théâtre des Champs-Elysées

Publié par Jean Luc sur 6 Février 2022, 16:53pm

Catégories : #Musique sacrée

Créée le jour du 1er anniversaire de la mort de Manzoni, la messe de Requiem de Verdi célèbre la mémoire du poète italien du Risorgimento. Elle reprend l’ébauche d’un requiem pour Rossini composé par Verdi en 1868 et rencontra un succès immédiat qui lui valut d’être jouée à La Scala, puis à l’Opéra-Comique de Paris avant Londres et Vienne. Dès l‘origine, cette œuvre religieuse fut ainsi exécutée dans des théâtres donnant corps à l’interrogation un peu vaine qui perdure encore aujourd’hui : opéra ou œuvre religieuse ? « Un opéra en robe d'ecclésiastique » nous dit Hans von Bülow.

Dans un théâtre des Champs-Elysées bondé, c’est bien à une interprétation éminemment spirituelle que nous avons assisté, interprétation recueillie et pleine d’interrogations sur le sens de la vie –et donc de la mort- avec son cortège d’angoisses et de sérénité retrouvée.

Une réussite totale, donc. Qui doit être attribuée en premier lieu à Daniele Gatti, dont la direction, à la tête d’effectifs plus que conséquents, est concentrée pour offrir une vision plus austère que lyrique, privilégiant la spiritualité sur la vision romantique de la mort. Précise, la direction de Gatti met en valeur les richesses de la partition, joue des changements de couleurs et des détails conçus par Verdi pour susciter l’émotion de l’auditeur.

Eleonora Buratto est une très belle découverte. La voix est sonore, bien timbrée et dispense une émotion réelle grâce à une technique sûre comme le prouvent les aigus piani tenus ou les lumineux suraigus et de beaux graves poitrinés qui lui permettent d’affronter la longue et redoutable séquence du Libera me.

Marie-Nicole Lemieux sert avec humilité une partition dont elle magnifie les beautés. Son Liber Scriptus et la ferveur de son Lux aeterna sont poignants.

Riccardo Zanellato est particulièrement émouvant dans le Lacrymosa ou dans la noirceur du Mors stupebit, même si sa présence était un peu trop discrète dans les ensembles dont il lui revient de porter les équilibres.

Michael Spyres, assez loin de ses emplois habituels de vaillance, fait merveille avec une voix claire et souple. Sans forcer l’émission, sa projection fait merveille, notamment dans un Hostias aérien, orné de trilles d’une délicatesse peu égalée.  

L’Orchestre National de France suit les intentions de Gatti, qui l’a dirigé par le passé, avec une concentration et une ferveur palpables. Le son est beau, uni, lié et les interventions des différents pupitres sont précises et mises en valeur. L’orchestre déploie des moments superbes, soutenu par des cordes virtuoses et des cuivres précis. Il fait montre d’une violence saisissante dans le Dies Irae et l’effet provoqué par la dispersion des trompettes dans la salle pour le Turba mirum est impressionnant.

Les chœurs de Radio France renforcés par ceux de l’Armée française sont très engagés dès le recueilli Requiem initial ou encore dans la fugue du Libera me.

 

Programme et distribution :

Giuseppe VERDI ( 1813-1901)

Messa da Requiem

Créée le 22 mai 1874 à Milan (Eglise San Marco)

 

Eleonora Buratto, soprano

Marie-Nicole Lemieux, contralto

Michael Spyres, ténor

Riccardo Zanellato, basse

 

Chœur de Radio France, direction Alessandro Di Stefano

Chœur de l'Armée française, direction Aurore Tillac

 Orchestre national de France

 

Direction musicale : Daniele Gatti

3 février 2021 – Messa da Requiem (Verdi) au Théâtre des Champs-Elysées
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